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vendredi 18 avril 2008

Chronique mondaine

Hier soir nous étions nombreux à la filmothèque Champollion pour assister à la projection de La Meurtrière diabolique (Strait-Jacket) film de peur et chef-d'œuvre de l'humanité scénarisé par Robert Bloch, dirigé et produit par William Castle, avec dans le rôle-titre (que vous croyez, bande de naïfs) La Star [musique de rigueur], Joan Crawford herself (et sa hache) — brève apparition également de Lee Majors, l'homme qui valut trois milliards et en l'espèce vingt années d'asile psychiatrique à Lucy Harbing (Joan Crawford) pour sa décapitation. En même temps il l'avait un peu cherché, le niais.

Présenté par Jean-Paul Gratias et François Guérif, dont le second était, jusqu'à hier du moins, l'un des rares êtres humains vivants à avoir vu le film, Strait-Jacket a été à la hauteur de ce qu'on en attendait : une série B bien troussée avec une Crawford expressive comme une actrice de muet ce qui tombe bien, la soirée ayant été coorganisée par Moisson rouge à l'occasion de la réédition du Crépuscule des stars...

On espère que le public a apprécié, en tout cas il semble s'être bien marré. Et nous aussi.

jeudi 20 mars 2008

Une bienheureuse angoisse

Le Monde des ténèbres, Le Boucher de Chicago, L'Écharpe, Psychose.
Ces quatre titres, parmi beaucoup d'autres,plus ou moins disponibles en Série Noire ou dans la mythique collection Red Label, vous prouveront, si besoin était que Stephen King, Dean Koontz mais aussi Ellroy et tous leurs épigones qui mêlent roman noir et exploration de la folie de l'intérieur, portraits de serial killers et réalisme fantastique, eh bien tout ce petit monde a eu un précurseur génial: Robert Bloch. Bloch, c'est une littérature à la jugulaire, comme il y a une littérature à l'estomac selon Julien Gracq.
Et c'est sans doute le meilleurs roman de Bloch, Le Crépuscule des stars, que vous propose aujourd'hui Moisson Rouge.


Le livre :
Au temps du cinéma muet, un jeune scénariste ambitieux tente de se faire une place dans un studio hollywoodien. Mais l’irruption du parlant, l’industrialisation du cinéma et la toute-puissance de l’argent vont venir bouleverser le quotidien du studio. Entre ceux qui plient et ceux qui résistent, la guerre est déclarée. Jusqu’à la folie. Un roman noir et flamboyant, une atmosphère angoissante, à mi-chemin entre Sunset boulevard et Freaks. Et le plaisir de croiser au fil des pages Erich von Stroheim, Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Lon Chaney…

L'auteur :
Robert Bloch (1917-1994) est l’auteur de nombreux romans noirs et de terreur, dont le plus célèbre est Psychose, adapté au cinéma par Alfred Hitchcock. Dans une interview à Polar, en 1979, Robert Bloch déclarait, à propos du Crépuscule des stars, qui était son roman préféré : « Si je ne devais pas gagner ma vie en faisant peur aux gens, c’est ce genre d'histoire que j’écrirais. »
Quant à Michel Lebrun, il en disait : « Roman policier ou pas ? La question, pour moi, n’a aucun sens. Robert Bloch, près de quatre cents pages durant, nous fascine, nous émeut, nous couvre de frissons, nous surprend, nous laisse pour finir pantelants d’une bienheureuse angoisse. Une œuvre prométhéenne, admirable et admirablement traduite par Jean-Paul Gratias. »

On peut également lire une belle chronique du livre sur l'excellent site Noir comme polar, et consulter le dossier spécial Robert Bloch sur le site de Moisson rouge.

Robert Bloch, Le Crépuscule des stars, Moisson rouge/Alvik
Traduit de l'américain par Jean-Paul Gratias (traduction entièrement révisée pour cette éditionà.
368 pages de caviar noir pour 14,50 euros
En librairie le 20 mars 2008.