mercredi 11 mars 2009
mardi 10 mars 2009
Moisson au Salon : stand E38
Le samedi 14 mars, au Salon du livre de Paris, les éditions Moisson rouge vous proposent de rencontrer, dans une ambiance à la fois détendue et sophistiquée :- à 15 heures, Serguei Dounovetz, spécialiste du sexe des anges, et KriSs ViLà, auteur punk
- à 17 heures, Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal, narco-auteurs maison
(et leurs éditeurs)
Un verre de château cubi sera offert dès jeudi soir aux heureux privilégiés qui bénéficient d'une entrée pour l'inauguration du dit Salon...
mercredi 3 décembre 2008
Déflation radicale, par Kriss Vilà, écrivain punk maison
(Encore une victime de Wall Street, trader tombé dans la débine, qui fume pour oublier, au local du WHITE SPIRIT FLASH CLUB !)Et Moisson rouge continue à repomper les chroniques de son auteur punk préféré, à suivre sur son blog et celui de Thierry Marignac.
Dickkie’s routine
(traduit du ricane par El Coco Kif assisté de la très androgyne Sara)
Coco Kid est sur le canapé avec Sara en mode lover. Momort le White est effondré dans un coin, il s’en est sniffé un litre. Dickkie arrive et renverse un sac G20 sur la table. Bruit composite mou et métallique des billets et des pièces. Il pousse les deux autres, se pose et commence à tirer un rail, regard façon groupe terroriste d’ultragauche.
— Putain kid j’ai TROP les nerfs.
— Y’a quoi Dickkie : plus de monnaie pour payer ta dope ? lol !
— Attends, tu vas pas te mettre à dire lol à tous les coins de phrases.
— Euh… Xcuse-moi ça m’a échappé… lol, mdr.
— Putain, t’es grave kid. On te parle de trucs sérieux et tu fais ton tintin.
— Bon, vas-y, enchaîne : c’est quoi ton problème ?
— Y’a que tout à l’heure, j’ai besoin de fraîche, j’vais à la banque, j’arrive devant la caissière, j’y plante mon pushka dans la bouche, j’y demande l’oseille et là, mec, elle se met à chialer.
— Ben… Fa t’apprendra à faire pfeur aux pfauv’zempfloyées de bfanque !
— Arrête tes conneries Sara, suce et tais-toi. Donc, elle se met à pleurer sa mère et à faire mmm mmm, j’y enlève le gun du bec et tu sais ce qu’elle me dit ?
— A dit quoi ?
— Vous êtes le troisième depuis ce matin, a dit... Mais c’est pas la peine… je suis obligée de vous répondre comme aux deux autres : y’a plus rien à braquer, les caisses sont vides.
— Le banquier est passé avant toi ?
— Même pas mec : l’argent n’existe plus. Il s’est volatilisé, t’as compris ?
— Mec, je sais pas à quoi tu carbures, mais j’ai une faiblesse, là : l’argent n’existe plus, on a GAGNÉ ?
— Nan man, sors de ta vape c’est la GRoSSe crise on te dit.
— Mmm mmm, mmm mmm ’ien !
— A dit quoi encore l’anale philosophique ?
— Elle dit que l’argent est comme la came : le soir y’en a un gros tas, le lendemain y’a plus rien.
— Bon vas-y au G20 ils en avaient encore un peu. J’leur ai fait vider les caisses fissa, j’ai tout pris même les fonds de caisse et je m’suis tiré.
Momort entrouvre un œil couleur glauque.
— Wef Dickk là t’en fais quoi d’la caillasse ? Tu vas la fixer ton oseille ? Rhmf ! hmf hmf !
— Ça te fait marrer le tordu ? Nan, mec, c’t oseille, je l’ai pris pour voir si c’est vrai. J’ai touché un speed ukrainien et je vais guetter ce tas de fric toute la nuit et voir si c’est vrai et si il s’évapore vraiment, le putain de dieu de blé !
jeudi 27 novembre 2008
Kriss Vilà : en bloc (par Antoine Chainas)
De Kriss Vilà (autrement dit Christian Vilà) je connaissais les romans gores de Fleuve Noir, signés pour Daniel Riche, romans qui ne m'avaient guère convaincu, l'esprit punk étant probablement trop proche de celui du gore pour que le mélange soit satisfaisant. Mais bon, le gus avait à son actif un essai sur Burroughs, une collaboration d'anthologie avec Joël Houssin, et des billets magnifiquement jouissifs dans le blog d'un autre enragé, l'ami Thierry Marignac (allez y jeter un coup d'oeil, ça vaut le détour), il ne pouvait donc pas être si mauvais que cela. Et j'ai été bien chanceux de ne pas m'arrêter aux Gores ou aux collaborations télévisuelles de l'énergumène (la télé, pas très punk, tout ça), car il m'a été ainsi loisible de lire un bouquin que Moisson Rouge — jeune maison d'édition très avisée placée sous la houlette de Judith Vernant — a eu la très bonne, l'excellente, que dis-je, la foudroyante idée de rééditer. Dans ce livre, rédigé en 77, en plein dans la tourmente punk, avant que tout cela, comme toutes les utopies — y compris les utopies contre-utopistes —, se barre en couille, avant qu'Elli Medeiros ne s'enfile des poissons entre les jambes, avant que Kent ne produise des "crottes de bic" (sic), avant qu'Etienne Daho ne devienne... Etienne Daho, eh bien Kriss Vilà restituait à la perfection l'état d'esprit d'une mouvance qui manque cruellement aujourd'hui.Pour vous donner une idée, tentons une expérience à la Ballard : remplaçons le gros mot "punk" par le gros mot "littérature" et prenons un extrait de Sang Futur :
"[Littérature] ne veut rien ne cherche pas de Solution n'essaye pas d'être comprise vous comprenez... ne se reconnaît pas de porte-parole ne négocie pas son plaisir hurle et rote roule des pelles ne s'aime pas n'aime personne vous vomis épingle à nourrice plantée dans la lèvre broche de métal fichée dans la paroi nasale pour rien le plaisir la Sensation s'évanouir la douleur le Sang la Sensation."
Voilà ce que ce bouquin représente, ou aurait pu représenter (il est passé quasiment inaperçu à sa sortie) ou devrait représenter à l'heure actuelle ou représentera peut-être demain si les enfants des masses laborieuses ont la force de se réveiller. Tout y fait sens (ou absence de sens, justement), tout concourt au même objectif (ou absence d'objectif) : texte, ponctuation, narration, illustration... Il n'y a aucune beauté, aucun encouragement ni position morale, il n'y a que le pouvoir des mots, tendus, en bloc, à l'énergie, au flash. Une puissance nihiliste brève comme un fix qui ne s'est pas reproduite depuis (sauf de manière sporadique et marginale avec des gens comme Nada ou Stewart Home, grâce leur soit rendue) mais que Moisson Rouge ressuscite avec un courage exemplaire. Car la contestation est radicale, elle ne souffre aucune idéologie, se suffit à elle-même, se mutile avec un rictus mauvais, sachant qu'après elle, il ne restera rien. Rien. Et l'amputation nous renvoie rétrospectivement, avec la vigueur d'un membre fantôme qui continue de brûler, à ce qui manque dans la littérature contemporaire : une écriture strictement individuelle, urgente et vitale qui, par ces caractères, justement, est mieux armée qu'une autre pour non pas survivre, mais "exister". Une écriture en dehors de tous les canons, en dehors de tout impératif commercial, en dehors des genres, une écriture qui "est" sans autre raison ni but qu'elle-même. Merci Moisson Rouge. Merci Kriss Vilà. Le no futur est mort. Longue vie au no futur.
jeudi 30 octobre 2008
Communiqué, par Kriss Vilà

Kriss Vilà, notre spécialiste ès crise, nous envoie cet historique édifiant des logos de la Caisse des Débits et Consternation. Avant de se passionner pour les subprimes et les écureuils clamsés, KV a écrit l'excellent Sang Futur, réédité par Moisson rouge en 2008, que l'on peut se procurer ici ou là, pour la modique somme de 13 euros. Abordable même en temps de crise...
mardi 21 octobre 2008
LA CONFUsION LA PLus TOtALe

Prête à tout pour ses lecteurs impécunieux entraînés dans la spirale de la faillite (sauf à leur refiler de l’oseille), la rédaction de ChroniquesMarignac s’est adressée au seul écrivain punk français (Kriss Vilà) :
Les aventures décapantes du White Spirit Flash Klub, de nouveau au goût du jour, ont été rééditées juste à temps pour la fin du monde civilisé chez MOISSON ROUGE en 2008, DISPONIBLES ICI.
. Vilà, Krise,
10 CONSEILS POUR SURVIVRE À LA CRISE,
La crise, c’est d’abord la grosse arnaque des dealers de crédit qui avec un kilo ont voulu en faire deux, puis quatre, huit, seize… Ils croyaient que le profit, c’est comme le ciel, ça n’a pas de limite ! Mais, arrivée aux deux cent cinquante-six kils, bien sûr, leur poudre magique s’est totalement diluée dans le lactose et n’a plus rien valu. Résultat de la course : ces fameux junk bonds que ces véreux de banquiers ont rachetés les yeux fermés, en se disant que même si la came était pourrie, il suffisait de la diluer un peu plus pour que ça ne se voit plus. Des maîtres escrocs, on vous dit. Et pourquoi se gêner ? Tout ça ne servait en fait qu’à préparer une autre arnaque, bien plus raffinée, et avec cette fois la complicité des politiques qui, toujours ultra-libéraux mais avançant plus que jamais masqués, se sont empressés de dérouler un tapis d’or à ces messieurs de la finance.
Dans un premier temps, l’arnaque en question, si transparente qu’aucun bouffon de la Presse ne l’a dénoncée, même s’il faut être un total abruti pour ne pas la voir, consiste à diminuer les taux d’intérêt des banques centrales et à… augmenter le taux des prêts aux entreprises et aux particuliers, c’est à dire à gonfler toujours plus les profits des banques, qui foutent tout de même, tous les mois et entre autres, cinquante mille emprunteurs américains à la rue. Et comme à côté, miracle, y’a la bonne grosse provision que les politicards croupions ont mis à leur disposition, elles vont pas se gratter pour spéculer encore plus. Compris ?
On touche là au stade ultime du capitalisme financier : ruiner l’économie entière au profit des actionnaires. C’est complètement con, à terme, peut-être, mais encore une fois pourquoi se gêneraient-ils, puisque l’économie leur appartient, et que les 6,5 milliards de grosses taches que nous sommes, pieds et poings liés par LEUR fric, nous dépendons totalement de leur bon vouloir.
Pour quelle nouvelle arnaque ?
(Quant aux crétins de franchouillards qui croient que notre Nain national va aller faire les gros yeux aux messieurs de Wall Street, et que ceux-là vont courber l’échine, c’est pas des veaux, c’est même pas des limaces... On leur dit que le danger est passé, ils ne voient pas qu’ils rampent au milieu d’un rail d’acier et que le TGV va les réduire à leur état naturel : celui de mollards gluants.)
Pour survivre à la crise, j’ai pas 36 conseils à donner, ni même 10, mais un et un seul : courez vous acheter un énorme tube de vaseline, mais NE VOUS FAITES PAS D’ILLUSION ; ça va quand même vous faire très, très mal.
vendredi 20 juin 2008
Ce soir on regarde la télé...

... et on se branche sur "Tracks" (Arte, 22 h 35), qui diffuse l'interview de Kriss Vilà réalisée à l'expo "Des jeunes gens modernes".
Pour en savoir plus c'est par ici.
jeudi 12 juin 2008
Tracks punk




Kriss Vilà interviewé par l'équipe de l'émission Tracks dans la galerie du Jour Agnès b. à l'occasion de la fin de l'exposition "Des jeunes gens modernes".
vendredi 16 mai 2008
mercredi 7 mai 2008
Coquetèle punk (1)
mardi 29 avril 2008
Arras, 1er mai
José Ovejero et Kriss Vilà viendront signer Des vies parallèles et Sang Futur au 7e salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras jeudi 1er mai. On peut télécharger la brochure sur le site de l'association Colères du présent.Et il y aura du joli monde...
lundi 28 avril 2008
Morand punk
Kriss Vilà est un Morand punk. Il use de la métaphore comme d’une arme de précision et il réinvente une littérature sans oiseaux.Morand, génération 17 :carnage mondial et révolution russe ;
Vilà, génération 77 : guerre froide et marchandisation universelle.
En 1977, en France, la sortie du gauchisme laisse un goût de cendre. Le temps est venu pour l’ardent travail du négatif : ce sera le néo-polar (Manchette, Fajardie) mais ce sera aussi le Punk. Le Punk comme dans un roman de Vilà.
Les filles ressemblent toutes à l’Agnès Soral de Tchao Pantin dans Sang Futur. Si elles pouvaient quitter l’Hinterland bétonné qui leur sert de décor, franchir le périph qui pulse comme une aorte asphaltée, elles retrouveraient sur les canapés de Libération, à l’aube, Pacadis défoncé, de retour d’un raout héroïnomaniaque.Sang futur est écrit, disons, cinq ans avant que le sida fasse régner sur les corps la terreur que le néocapitalisme fait régner sur le travail. Sang futur a l’intuition de cette fraternité maudite qui va naître dans la nuit virale du nihilisme des eighties.
Vilà fait de son livre un concentré visionnaire, instable comme une nitroglycérine dosée par des schizophrènes et des hébéphrènes, des trente ans qui vont suivre : panique immunitaire, guerre civile larvée, pathologie ethnique et ambiguïté sexuelle, donc narrative..
Le pari de Vilà est gagné : Sang futur, c’est sang présent.
La figure outragée d’un monde qui s’en va.
Sang futur, c’est maintenant et pour toujours.
mardi 15 avril 2008
mercredi 9 avril 2008
Chroniques domestiques (3): l'éditeur et le temps
On se disait l'autre jour qu'il fallait se grouiller de faire préparer A Prayer For Dawn parce qu'il sort quand même en septembre...Hector disait, ah non, le dîner le 17 avril c'est pas possible on a la signature le lendemain... Je lui disais mais non, c'est en mai. Ah oui, il répondait, je suis déjà en mai... En mai? Non, on est déjà en août. Ou en juillet. En juillet il y a la Semana Negra qu'on ne ratera pas. Trois auteurs dénichés là-bas, quand même.
Avec X. on a rendez-vous le 17 mai? Non, avril, mais mai aussi, le 17. Mais attends, le livre arrive bien le 15? De quel mois? Avril. Exact. On est donc bien en avril. Sang futur, notre prochain livre, est livré le 15 avril. Il sort le 24. Le 24 quoi? AVRIL. Mais on vit en... Quand? Mai? Septembre? Juillet? De quelle année déjà?
L'éditeur, donc, est une être étrange qui s'emmêle dans son agenda et vit avec, en moyenne, quatre mois d'avance. Il sait à peu près la date du jour, à peu près, mais il croit qu'il a rencard le mois d'après ou dans les quatre suivants.
L'avantage : pour lui, malgré les giboulées, c'est déjà l'été.
samedi 24 novembre 2007
Au repos
Pardonnez-nous la paresse apparente de ce blogue ces temps-ci, ce n'est pas faute d'avoir envie de l'alimenter, mais voulez-vous vraiment savoir comment on remplit un bordereau d'enregistrement numéro machin pour le diffuseur? Non. Nous nous plus, d'ailleurs, mais on doit. Ou bien vous passionnez-vous pour la procédure de mise au pilon? Permettez-nous d'en douter...
Sinon, réjouissons-nous des nouvelles du jour dont, comme d'habitude, on vous reparlera: Kriss Vilà (Sang futur) et José Ovejero (Des vies parallèles) seront présents au festival "Colères du présent", à Arras, le 1er mai prochain, où Moisson rouge sera vaillamment et brillamment représentée par Jérôme Leroy.
Autre chose à savoir: l'éditeur est un être bizarre doté du superpouvoir de se projeter six ou douze mois à l'avance parce qu'il fait son programme. Le nôtre court déjà sur deux ans et notre premier livre sort le 17 janvier, soyez indulgents. Et patients...
À bientôt, oui, à bientôt.
vendredi 2 novembre 2007
L'avenir de Sang futur
J’ai vu Sarah faire un geste, jaillir en direction de la porte, et sa lame à rasoir est passée à moins d’un centimètre de la gorge du bassiste.
Je me suis faufilé au bout du lit, main droite se faufilant, jouant les filles de l’ombre sous l’oreiller où gisait le .45.
Je me suis imaginé Tot’ tournoyant, tombant, la gorge ouverte, inondant les murs d’hémoglobine, sombrant dans La Plus Grande de Toutes les Vapes, avec autour de lui la piaule qui bascule et Sarah, lame entre les doigts, qui s’acharne…
Flash, mon visage a blanchi et de l’électricité a jailli dans mes veines. Le flingue braqué sur la nuque de Sarah, vieille ordure de castrat, le doigt crispé sur la détente, j’ai senti le désir de meurtre monter en moi, m’envahir tout entier.
Tottenkopf, tout pâle, mais indemne,s’est redressé, m’a aperçu…
—Te reste des clops, mec ?
Ça lui avait fait tout drôle, ce truc…
—Écoute un peu, Sarah a haleté, recommence jamais à entrer comme ça, d’accord ?
Sang Futur, roman punk, Kriss Vilà, Dernier Terrain Vague 1977.
À paraître aux éditions Moisson rouge au printemps 2008, avec la maquette intérieure d'origine, aussi culte que le texte...
[D'autres extraits bientôt... L'unique exemplaire du livre que nous possédons (rarissime, recherché, retrouvé) est en ce moment en lecture.]


