vendredi 11 février 2011
vendredi 21 janvier 2011
Rachid Santaki dans le Parisien
Rachid Santaki affiche son polar urbain
Mercredi soir, Rachid Santaki n’a pas dormi. Comme les rappeurs qui veulent annoncer la sortie de leur album, il est allé couvrir d’affiches les murs du quartier de la gare à Saint-Denis. Sauf que Rachid ne rappe pas, il écrit. Son roman, « Les anges s’habillent en caillera* » (Editions Moisson rouge), est en librairie depuis hier. Et ses affiches le clament fièrement : désormais, « le 93 a son premier roman noir ».
Le langage des cités
Cette culture urbaine lui colle décidément à la peau. Après avoir dirigé pendant plusieurs années le magazine gratuit « 5Styles », dédié à la culture hip-hop, ce jeune père de famille veut désormais ouvrir une nouvelle voie : celle de l’écriture. « Aux Etats-Unis, les rappeurs ont influencé des auteurs. Il faut désacraliser l’écriture », estime-t-il, citant volontiers l’Américain George Pelecanos, dont les romans plongent dans les bas-fonds de Washington.
Rachid Santaki n’en est pas à son coup d’essai. Son premier récit a été publié en 2008, sous le titre « Ma petite cité dans la prairie ». Il y expérimentait déjà une écriture très orale, puisant dans le langage des cités. Cette fois encore, le récit emprunte au verlan et aux expressions propres au 93. « C’est un livre qui parle de la banlieue avec son langage et ses codes », estime Hector Paoli, l’un des éditeurs. Préfacé par le rappeur Oxmo Puccino, ce livre trouvera-t-il son public ? La promo, par le biais des affiches et du blog littéraire de Rachid Santaki, semble avoir fonctionné. « J’ai croisé plusieurs jeunes de Saint-Denis qui me demandent : Alors, le livre sur le Marseillais, il sort quand ? confie Rachid. Si on arrive à réconcilier les plus jeunes avec la lecture, ils s’intéresseront aussi aux classiques. »
Avec ses éditeurs, Rachid Santaki espère surtout ouvrir la voie à d’autres écrivains en puissance. Ensemble, ils ont fondé une nouvelle collection dédiée à la littérature urbaine, le Syndikat. Les premiers textes, courts, seront d’abord publiés sur Internet, puis dans une revue. « Quand la littérature s’éloigne de la rue, il y a toujours quelqu’un pour l’y ramener », assure Hector Paoli.
* Racaille, en verlan.
« Les Anges s’habillent en caillera », de Rachid Santaki, Editions Moisson rouge, 18 €.
mardi 10 mars 2009
Moisson au Salon : stand E38
Le samedi 14 mars, au Salon du livre de Paris, les éditions Moisson rouge vous proposent de rencontrer, dans une ambiance à la fois détendue et sophistiquée :- à 15 heures, Serguei Dounovetz, spécialiste du sexe des anges, et KriSs ViLà, auteur punk
- à 17 heures, Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal, narco-auteurs maison
(et leurs éditeurs)
Un verre de château cubi sera offert dès jeudi soir aux heureux privilégiés qui bénéficient d'une entrée pour l'inauguration du dit Salon...
mardi 8 juillet 2008
Retour à Gijón

Demain la moitié de l'équipe de Moisson rouge (moi), bientôt rejointe par la seconde (Hector), s'envole pour Gijón, Asturies, où a lieu la vingt et unième Semana Negra, grandiose fiesta du livre imaginée par Paco Ignacio Taibo II. Au programme, des auteurs, des libraires, des conférences sur le noir, évidemment, mais aussi une grande roue, un journal vendu à la criée, des lectures de poésie, à manger et à boire, une foule de festivaliers et la plage. On fait vraiment un dur métier et pour vous le prouver, une chronique quotidienne en direct de nos vac... de la mine.
lundi 12 mai 2008
La bande de Moisson rouge
... la moisson.
mardi 1 avril 2008
Robert Bloch à Paris, par Jean-Paul Gratias
Notre grand auteur est un monsieur charmant, il suffit de quelques mots échangés pour s’en rendre compte. Quand la voiture entre dans Paris, il nous demande une faveur : depuis qu’il a découvert, à l’âge de douze ans, Le Fantôme de l’Opéra avec Lon Chaney, il rêve de voir l’Opéra de Paris « pour de vrai ». Rien de plus facile. Les bureaux de Pac, l’éditeur de Red Label, où nous sommes attendus, se trouvent rue Saint-Roch. Au volant de ma petite voiture, Bloch se tordant le cou pour mieux voir, je fais donc le tour de l’Opéra, le plus lentement possible, une fois, deux fois, trois fois. Bloch est enchanté. « Mon Dieu, nous dit-il, c’est comme une île en plein milieu de la ville… »
Dans les bureaux de Pac éditions, le patron, Thierry Schimpf, nous attend. Bloch s’installe, détendu, souriant. Le Crépuscule des stars est sorti en France quatre mois plus tôt, bien accueilli par les lecteurs et la critique. J’ai beaucoup de questions à lui poser au sujet de ce roman. Ce que Bloch nous en dit a de quoi susciter bien des regrets : dans son esprit, ce devait être le premier volume d’une trilogie consacrée à l’histoire du cinéma, une vraie passion pour lui. Mais le livre, publié en dépit du bon sens par un éditeur qui n’y croyait pas, affublé d’un titre débile qui n’était pas celui choisi par Bloch (Star Stalker, censé attirer les amateurs de science-fiction alors que ça n’avait rien à voir), se vendra très mal, et la suite ne verra jamais le jour.
Mais Robert Bloch, manifestement, n’a pas envie de s’étendre sur
son œuvre. Il nous pose tout à coup cette question surgie de nulle part : « Connaissez-vous Fredric Brown ? » Bien sûr, nous le connaissons, c’est même l’un des auteurs phares de Red Label. Bien qu’il n’ait pas besoin de prêcher les convaincus que nous sommes, Robert Bloch nous parlera pendant une demi-heure de son ami Fredric Brown, écrivain aux talents multiples, capable d’aborder tous les genres avec le même bonheur, et à son humble avis tristement méconnu dans son propre pays. « Rendez-vous compte, s’indigne-t-il, quand vous cherchez un de ses livres dans une librairie américaine, vous trouvez un mètre cinquante de romans signés Carter Brown, et pas un seul FREDRIC Brown ! »
Quelques jours plus tard, au festival de Reims, on mesurera d’autant mieux la modestie de Robert Bloch, invité d’honneur venu de Los Angeles pour parler de ses livres et qui préfèrera chanter les louanges d’un autre écrivain : il suffira d’écouter quelques jeunes auteurs français, qui avaient à peine pondu deux ou trois bouquins, pérorer sur leur œuvre, leur style (« Mes petites phrases courtes, c’est beaucoup de travail »). Bref, un sérieux hiatus.
Aujourd’hui, bien des années après la disparition de Robert Bloch et de Fredric Brown, leurs admirateurs ont des raisons de se réjouir : aux États-Unis, les rééditions de ces deux auteurs se multiplient, des trésors sont de nouveau disponibles, et les lecteurs français vont être comblés dans les mois qui viennent grâce à Moisson Rouge.
La suite du dossier est à lire sur le site de Moisson rouge...vendredi 28 mars 2008
Info pratique
Contact mail pour bavasser et/ou boire des verres: jvernant@moisson-rouge.fr
mardi 25 mars 2008
Chroniques domestiques (2) : et si on sortait ?
Long week-end où, bien qu'ayant choisi de travailler plus pour gagner moins, nous avons décidé de faire une trève pascale et de ne pas nous rendre au burlingue. Ce qui fait qu'il est huit heures vingt et que là, on y campe. Hector met en page une plaquette pour la projection prochaine de La Meurtrière diabolique (jeudi 17 avril à la filmothèque Champollion, on s'en recause), de William Castle, scénario de Robert Bloch (celui du Crépuscule
des stars). Plaquette que je relis et corrige tout en pondant cette petite chronique, au son des Nouveaux Partisans, par Dominique Grange.Bon, on ne se plaint pas, d'autant que, comme on pourra le constater sur les photos, l'ambiance est bonne et le barman d'en face (The Local, rue de la Clé, allez-y voir des matchs), nous a apporté des drinks sur plateau... Martini dry (gin) pour mademoiselle, Guiness pour monsieur.
À la vôtre !
lundi 17 mars 2008
L'amour du noir (1)

Sous ce titre, La Moisson Rouge vous présentera des chroniques à la fréquence et à la longueur aléatoires sur ce qu'un libraire de nos amis appelle joliment l'amour du noir, nom qu'il a donné d'ailleurs à son délicieux établissement, sis 11 rue du Cardinal-Lemoine, dans le 5e arrondissement de Paris.On y parlera de nos livres, bien entendu, mais pas seulement. La preuve, avec cette première gorgée de poison pour rendre hommage au grand Ouestlake (orthographe adégéienne).
Les citrons ne mentent jamais
De Richard Stark Série Noire n°1457
Ça n’a l’air de rien, cette histoire de titre, et pourtant la quasi-disparition de ces phrases accrocheuses remplacées par des formules pseudo poétiques, mythologiques, hermétiques signent l’envahissement d’un esprit de sérieux qui nuit gravement à la santé de l’amateur : Le Nom de la rose (Eco), La Musique des circonstances (John Straley), Le Rêve d’un aigle foudroyé (George Chesbro) sont peut-être de très bons romans mais on ne m’ôtera pas de l’idée que des titres comme ça, entre le pompeux et l’abstrait, sont là pour déculpabiliser le lecteur de Télérama qui lit un polar et ne veut pas trop que ça se sache, ce qui serait impossible avec La mariée est trop morte (John D Mc Donald) ou Tout le monde sont là (Mc Bain).
Mais revenons à nos citrons. Ce sont ceux des machines à sous. Quand les trois apparaissent, c’est le jackpot. En arrivant à Las Vegas, le héros de Richard Stark, Grofield, joue toujours une pièce, une seule dans une machine à sous de l’aéroport. Comme c’est un individu paradoxal, perdre est pour lui un signe de chance. Là, il gagne : scoumoune en perspective. Il faut dire que Grofield ne vient pas à Las Vegas pour jouer, il vient pour préparer un casse. Grofield est un comédien. Un intermittent du spectacle dirait-on dans la France des années 00. Comme c’est un américain des années 70 et qu’il ne peut pas compter sur les Assedic, il s’autofinance par des casses, des cambriolages, des hold-up pour sauver le théâtre qu’il a installé dans une grange de Mead Grove (Indiana) et qui ne donne des représentations que l’été. Grofield, c’est un mini festival d’Avignon à lui tout seul, au Sud des Grands Lacs.
Richard Stark, l’auteur, est un des nombreux pseudonymes de Donald Westlake, grand nom de ce qu’on appelle la deuxième génération et depuis la mort de Mc Bain, un de ses ultimes survivants. Westlake utilise Richard Stark en général pour les récits de cambriolage qu’il a hissé à la hauteur d’un genre à part entière. Stark/Westlake met en scène dans des séries séparées trois voleurs qui sont trois aspects de la condition humaine : il y a Parker qui est froid et compétent, Dortmunder qui est maladroit et sympathique et Grofield qui est amical et cultivé. Parfois, ils se croisent dans un même roman. C’est le côté balzacien de Westlake, ce côté balzacien de tous les grands du polar qui écrivent beaucoup de romans avec des personnages récurrents sans que cela tourne pour autant au procédé ou à la standardisation. Stark/Westlake, Mc Bain, James Hadley Chase, Carter Brown, il y eut un temps où ces quatre-là fournissaient un titre sur trois à la Série Noire. Carter Brown était mauvais à chaque fois, Chase une fois sur deux, Mc Bain et Stark/Westlake jamais.
Les citrons ne mentent jamais est un roman curieux, assez décentré dans le temps et dans l’espace. Une structure angoissante comme la vie, en fait. Grofield tente des coups, les réussit plus ou moins bien et est traqué par un ex-commanditaire sadique. Tout ça fait qu’on a le temps de philosopher, par exemple à l’arrière du fourgon où l’on attend le moment propice pour passer à l’action : « L’artiste et le criminel divorcent tout deux d’avec la société par le dessein qu’ils impriment à leur vie, tous deux tendent à vivre en solitaires, à passer par de brèves périodes d’activité intense suivies par de longues périodes de repos. — Intéressant, fit Grofield. »
Vingt ans plus tard, et de manière beaucoup plus compliquée, Don De Lillo ne dira pas autre chose dans Mao II par exemple. La simplicité behavioriste est d’ailleurs un des délices de la Richard Stark’s touch, ici plutôt bien rendue par la traduction de D.May. Manchette, qui savait de quoi il parlait, adorait Westlake. Une dernière chose. Dans Les Citrons ne mentent jamais, Grofield cuisine, dort et fait l’amour dans les décors de son théâtre personnel. Comme nous tous, en fait.
Jérôme Leroy
lundi 10 mars 2008
"Polar sans OGM"...
... dixit Polar blog (Bastien Bonnefous), qui cause des Vies parallèles mais aussi des rééditions, de la maison, et de la bande de branquignoles qui tient la barre de... hum... de la moissonneuse?NB: le jeune homme, à gauche, n'est pas un membre d'Al-Quaida, et la jeune femme, à droite, n'a pas eu d'illumination divine.
mardi 26 février 2008
Moisson rouge en... Bulgarie
L'International Crime Fiction Syndicate (ICFS) s'étend... Un article de Rouja Lazarova dans un quotidien bulgare. Hum... Mais est-ce que quelqu'un parle bulgare?
mercredi 13 février 2008
Une signature noire...
Rouja Lazarova
dimanche 9 décembre 2007
Motifs
Ce n'est pas parce qu'on n'écrit pas souvent sur ce blog qu'il ne se passe rien chez Moisson rouge — au contraire, ayons un brin de logique, nous manquons de temps mais pas de motifs de nous réjouir. En voici quelques-uns...- Olivia Castillon a rejoint nos rangs en free-lance et s'occupe désormais de la presse. Et, on le savait déjà mais depuis qu'elle est là c'est manifeste, sans attachée de presse, dans l'édition, on ne fait pas grand-chose (sauf des livres, certes). On en reparle.
- Dans le domaine de la communication toujours, les frères Paoli, Hector et Benjamin, ont travaillé sur la mise à jour de notre joli site internet. Plus de couvertures et plus d'informations sur nos auteurs (et bientôt leur photo).
- Et puis si tout va bien, vendredi prochain, en photo ici, notre premier livre (on ne se lasse pas de le dire, mais il paraît le 17 janvier). Le vrai. L'objet. En papier et en encre.
samedi 24 novembre 2007
Au repos
Pardonnez-nous la paresse apparente de ce blogue ces temps-ci, ce n'est pas faute d'avoir envie de l'alimenter, mais voulez-vous vraiment savoir comment on remplit un bordereau d'enregistrement numéro machin pour le diffuseur? Non. Nous nous plus, d'ailleurs, mais on doit. Ou bien vous passionnez-vous pour la procédure de mise au pilon? Permettez-nous d'en douter...
Sinon, réjouissons-nous des nouvelles du jour dont, comme d'habitude, on vous reparlera: Kriss Vilà (Sang futur) et José Ovejero (Des vies parallèles) seront présents au festival "Colères du présent", à Arras, le 1er mai prochain, où Moisson rouge sera vaillamment et brillamment représentée par Jérôme Leroy.
Autre chose à savoir: l'éditeur est un être bizarre doté du superpouvoir de se projeter six ou douze mois à l'avance parce qu'il fait son programme. Le nôtre court déjà sur deux ans et notre premier livre sort le 17 janvier, soyez indulgents. Et patients...
À bientôt, oui, à bientôt.
samedi 17 novembre 2007
Moisson rouge in English
THE FEMME FATALE OF MOISSON ROUGE SPEAKS
I wouldn't say they're the coolest kids at the party. More like the ones that, an hour after you've left the party, you realize they're even cooler but not by wearing the latest fad or by dancing to the hippest band. No, it was much more than that. But you can't put your finger on it--you just wish you had whatever sort of cool it was they had.
That's Moisson Rouge, the new French crime fiction publisher putting hot slabs of pulp on the bookshelves, looking for the best American, European, Spanish--hey, it can be from anywhere as long as it's noir.
Take a look at their first offerings: Jose Overjero, Robert Bloch, and a guy named BEF. Following close behind will be Nathan Singer, Randall Peffer, and several others.
I asked a few questions of Judith Vernant, the woman in charge of this rowdy gang, to figure out just what's going on across the pond.
ANS: Tell us about Moisson Rouge. Why did you start it? What do you envision for the future?
JV: I began in the wonderful world of publishing working as a freelancer for different houses, on different projects...For instance I corrected travel guides, rewrote very serious psychoanalytic essays but also very serious...mmm...articles about...well...aliens (yeah, the little green men).
Then I was hired by Hachette Litteratures, a generalist house that belongs to the giant Lagardère group. After 4 years, I decided to create a series of crime fiction books, because the final goal of a publisher — in my opinion, at least — is to publish what you'd like to read. And I LOVE crime fiction.
So in 2006 I went to la Semana Negra — a great Spanish festival organized by Paco Ignacio Taibo II — where I found authors. But back to Paris, I realized my boss wanted me to make something "lighter", or a bit "girly" (like some "Mystery of Bridget Jones's Prada Dress"). And since my influences are more Jim Thompson, Hammett, Westlake, Ellroy, or non-crime fiction, you can imagine it was not AT ALL what I expected to publish.
Here starts the noir fairy tale: I met a "sponsor" — what we call in French a "mécène", someone who wants to finance cultural project — worked on the project with my future associates, and it finally worked (oh yeah!).
For the moment we plan to publish about 10 books a year: we want to maintain a good level of quality and are a very little crew. Then we'll try to get bigger, but not too fast.
NS: Do you look at noir through a "retro"/nostalgic lens, or do you see it as ever changing and able to make itself new over and over (or both. Or neither)?
JV: I'd say both. For example, our covers want to be "pulp chic", with a very retro logo and a modern graphism, these black and white photos, etc. We're gonna republish old classics (Psycho and Star Stalkers, by Bloch, or The Lenient Beast, by Brown) and very modern, innovative books, like Nathan Singer's A Prayer For Dawn (Bleak House Books!!). And try to look for texts from all over the world (Greece, Spain, Mexico, USA, Brasil, Russia...and France, of course). We also want to reprint "cult" noir books from the 70', forgotten jewels.
NS: Why crime fiction? What's the appeal to you personally?
JV: I've started reading crime fiction since I was a kid. Agatha Christie and that kind of stuffs, but quickly changed for darker books — Highsmith, Hammett, Chandler, Brown, Bloch, Ellroy, and Thompson were my heroes. Then I read old classic sci-fi books (Matheson, Sheckley, Brown again, Ballard) and went back to my first love: crime fiction.
About my relationship with this genre...good question...first of all, I swear I'm not a psycho killer. Then, I think it's — sorry for the cliché — the best way to explore contemporary social questions or history (I studied history in university). Same for (good) sci-fi, I think. To me, literature has (almost) never been a way to "escape" from the real world — even if it sounds like a paradox from a "genre" reader.
NS: What should writers be doing if we want to see noir survive another hundred years?
JV: Keep on writing and publishing at Moisson Rouge. And explode the codes of genre (that's what genres are made for: being exploded, used, twisted).
NS: Who should Americans be reading from Europe? From elsewhere? Similarly, what are your favorite film noirs?
JV: From France, they should read Manchette (some of his books has been translated into English), ADG, Simenon, and my friends Jérôme Leroy and Thierry Marignac (members of the MR crew).
My favorite films noirs are Série Noire (based on Thompson's A Hell Of A Woman), Le Corbeau, Le Doulos, Les Diaboliques (all are French), and I really like mafia films, Scorsese, and old classic Hollywoodian movies like Casablanca, Freaks, and Sunset Blvd.
NS: Why are you so obsessed with Amy Winehouse after all these months?
JV: BECAUSE SHE'S THE BEST SINGER OF THE CENTURY. Because she don't care about the disc industry rules, because the sings like a Motown blues, soul singer...and, of course, because we both love wine.
NS: So, the International Crime Fiction Syndicate. Please explain that to us.
JV: Well... The ICFS was founded by Ben, from Bleak House Books, and I. We've been working together for several months (I bought him three books — for the moment, but that's just a beginning) and are very creative, crazy, cool people. My English is shitty and Ben doesn't speak French, and since we needed a common language we had to invent one: crimesperanto was born.
NS: Sum up Moisson Rouge in a cool, manifesto-like slogan.
JV: Style's not dead. Style rules. Style is our motor.
Or something like this...
***
Thanks to Judith for putting up with my rambling. Always happy to see someone come along in the publishing biz as enthusiastic about noir as our little school of Crimedogs is.
vendredi 9 novembre 2007
Psychose à Hollywood (5e arrondissement de Paris)
La couverture signée, comme toutes celles de Moisson rouge, Romain Slocombe (photo) et Michel Baverey (maquette)On en reparle.
[Robert Bloch, Le Crépuscule des stars, à paraître aux éditions Moisson rouge le 13 mars 2008, à un prix qui n'excédera pas les 15 euros, ce n'est pas une menace, c'est une promesse.]
dimanche 4 novembre 2007
Some MR fighters
jeudi 1 novembre 2007
International Crime Fiction Syndicate
Il y a quelque temps, Moisson rouge et Bleak House Books, excellente maison américaine dirigée par le camarade Ben Leroy, avaient cofondé un organisme planétaire destiné à encourager les peuples à lire plus et mieux: l'International Crime Fiction Syndicate. Ne reculant devant rien, ils avaient aussi inventé un langage commun, le crimesperanto, où "bonjour" se dit "bang bang!", et "au revoir", ".38". De cette utopie est née d'abord une collaboration active et amicale (si, ça existe, on l'a fait) et... hum... un groupe sur Facebook. Que nous vous invitons à rejoindre. Et puis tiens, soyons fous, nous allons créer une page Myspace, ne bougez pas, c'est comme si c'était fait.
À bientôt.
mercredi 31 octobre 2007
Le prolétariat au service de Sir Winston
Hier est arrivé une jolie palette de 150 exemplaires de notre premier livre, qui n'apparaît pas sous l'étiquette Moisson rouge — on se calme, amis lecteurs, ça arrive en janvier, on sait c'est sur, nous aussi on piaffe — mais Alvik, maison que nous avons reprise.
Enfin Moisson rouge ou pas, 150 livres ça fait beaucoup.
Surtout quand on doit les emballer et les trimballer à la poste pour que de gentils journalistes et de gentils libraires puissent s'en régaler.
Précisons que la personne qui écrit ça (JV) est d'une absolue malhonnêteté puisqu'elle n'a absolument rien foutu et s'est contentée d'arriver, avec le camarade Leroy, la bouche en cœur et en poussant de petits cris émerveillés. Enfin passons et remercions la véritable avant-garde du prolétariat, Hector, Charlotte, Hervé et Claire-Cécile. Sur quoi on est aller se grailler un tajine parce que regarder les gens bosser ça creuse.
Donc si tout se passe bien (mais comment pourrait-il en être autrement?) vous pourrez bientôt voir dans votre journal préféré de jolis articles dithyrambiques sur Le Monde selon Churchill, l'homme qui, invité à la Maison Blanche et croisant un soir, nu comme un ver, le président Roosevelt, ne se démonta pas et lâcha : "L'Angleterre n'a rien à cacher." Le reste du livre est à l'avenant, drôle et, en prime, bien écrit.
[Le Monde selon Churchill. Sentences, confidences, prophéties, reparties, François Kersaudy, éditions Alvik, à paraître le 15 novembre 2007, 18 euros]
vendredi 26 octobre 2007
La belle histoire...

Dès le lendemain, à la terrasse du Don Manuel, centre alcoolo-névralgique du festival, elle déjeune avec Fernando Bonassi, auteur brésilien qui l'intéresse direct. Puis, au cours d'une discussion informelle (il faut savoir qu'à la Semana Negra, toutes les discussions sont informelles), José Manuel Fajardo lui parle d'un certain José Ovejero, pas encore traduit en France, ce qui le scandalise. JV est scandalisée aussi, et pas seulement par solidarité. Car elle cherche des auteurs. Ça tombe bien. Elle s'engage à se rendre à la présentation du dernier livre d'Ovejero, dontFajardo lui dit deux mots, mais deux mots convaincants. Il part préparer sa conférence. Dix minutes plus tard, un grand type mince vient la voir et se présente comme auteur. Bien, parlez-moi de votre livre, lui dit-elle, avant de passer au tutoiement espagnol (mais en français). On l'aura compris, le grand type mince est José Ovejero. Il sera le premier auteur Moisson rouge, on y reviendra...
Troisième auteur croisé au festival, et celui-là on peut citer son nom parce qu'il figure sur notre site web: Bernardo Fernandez, alias Bef, prix de la Semana Negra pour son premier polar, Tiempo de Alacranes (Une saison de scorpions). Un garçon doux comme un agneau et une dégaine de chef de gang. Oh yeah!
Bon, de retour à Paris, JV s'aperçoit bien vite que les projets en question ne sont pas vraiment pour Hachette Littératures, au temps pour elle. Et là, divine surprise, voici que survient la possibilité d'un mécénat, un vrai, un à l'ancienne, pour l'amour de la littérature. Note d'intention, branle-bas de combat, business plan, attente : ça finit par payer.
Les premiers acolytes seront Hector Paoli et Hervé Delouche, la maison s'appellera Moisson rouge.





