jeudi 27 novembre 2008

Kriss Vilà : en bloc (par Antoine Chainas)

De Kriss Vilà (autrement dit Christian Vilà) je connaissais les romans gores de Fleuve Noir, signés pour Daniel Riche, romans qui ne m'avaient guère convaincu, l'esprit punk étant probablement trop proche de celui du gore pour que le mélange soit satisfaisant. Mais bon, le gus avait à son actif un essai sur Burroughs, une collaboration d'anthologie avec Joël Houssin, et des billets magnifiquement jouissifs dans le blog d'un autre enragé, l'ami Thierry Marignac (allez y jeter un coup d'oeil, ça vaut le détour), il ne pouvait donc pas être si mauvais que cela. Et j'ai été bien chanceux de ne pas m'arrêter aux Gores ou aux collaborations télévisuelles de l'énergumène (la télé, pas très punk, tout ça), car il m'a été ainsi loisible de lire un bouquin que Moisson Rouge — jeune maison d'édition très avisée placée sous la houlette de Judith Vernant — a eu la très bonne, l'excellente, que dis-je, la foudroyante idée de rééditer. Dans ce livre, rédigé en 77, en plein dans la tourmente punk, avant que tout cela, comme toutes les utopies — y compris les utopies contre-utopistes —, se barre en couille, avant qu'Elli Medeiros ne s'enfile des poissons entre les jambes, avant que Kent ne produise des "crottes de bic" (sic), avant qu'Etienne Daho ne devienne... Etienne Daho, eh bien Kriss Vilà restituait à la perfection l'état d'esprit d'une mouvance qui manque cruellement aujourd'hui.
Pour vous donner une idée, tentons une expérience à la Ballard : remplaçons le gros mot "punk" par le gros mot "littérature" et prenons un extrait de Sang Futur :
"[Littérature] ne veut rien ne cherche pas de Solution n'essaye pas d'être comprise vous comprenez... ne se reconnaît pas de porte-parole ne négocie pas son plaisir hurle et rote roule des pelles ne s'aime pas n'aime personne vous vomis épingle à nourrice plantée dans la lèvre broche de métal fichée dans la paroi nasale pour rien le plaisir la Sensation s'évanouir la douleur le Sang la Sensation."
Voilà ce que ce bouquin représente, ou aurait pu représenter (il est passé quasiment inaperçu à sa sortie) ou devrait représenter à l'heure actuelle ou représentera peut-être demain si les enfants des masses laborieuses ont la force de se réveiller. Tout y fait sens (ou absence de sens, justement), tout concourt au même objectif (ou absence d'objectif) : texte, ponctuation, narration, illustration... Il n'y a aucune beauté, aucun encouragement ni position morale, il n'y a que le pouvoir des mots, tendus, en bloc, à l'énergie, au flash. Une puissance nihiliste brève comme un fix qui ne s'est pas reproduite depuis (sauf de manière sporadique et marginale avec des gens comme Nada ou Stewart Home, grâce leur soit rendue) mais que Moisson Rouge ressuscite avec un courage exemplaire. Car la contestation est radicale, elle ne souffre aucune idéologie, se suffit à elle-même, se mutile avec un rictus mauvais, sachant qu'après elle, il ne restera rien. Rien. Et l'amputation nous renvoie rétrospectivement, avec la vigueur d'un membre fantôme qui continue de brûler, à ce qui manque dans la littérature contemporaire : une écriture strictement individuelle, urgente et vitale qui, par ces caractères, justement, est mieux armée qu'une autre pour non pas survivre, mais "exister". Une écriture en dehors de tous les canons, en dehors de tout impératif commercial, en dehors des genres, une écriture qui "est" sans autre raison ni but qu'elle-même. Merci Moisson Rouge. Merci Kriss Vilà. Le no futur est mort. Longue vie au no futur.

Antoine Chainas

lundi 24 novembre 2008

Signatures



















Les éditions Moisson rouge et Rivages organisent une signature-débat avec Serguei Dounovetz et Abdel Hafed Benotman, animé par Hervé Delouche, à la librairie La Terrasse de Gutenberg, le vendredi 12 décembre à partir de 18 heures 30.

L'adresse: 9 rue Emilio Castelar Paris 12e
Renseignements auprès de Moisson rouge ou de la librairie (01 43 07 42 15).
Et évidemment, venez nombreux...

vendredi 21 novembre 2008

Dancing Vamping dans le sud

jeudi 13 novembre 2008

Noir sur la ville, Lamballe


José Ovejero, l'auteur des Vies parallèles, le premier livre des éditions Moisson rouge (presque un an déjà...), sera présent au festival Noir sur la ville, de Lamballe, le samedi 15 novembre, pour un débat et une signature.

On y croisera aussi, dixit le site du festival, une quarantaine d'auteurs et de spécialistes du roman noir...

Bientôt d'autres événements Moisson rouge, tenez-vous au courant sur notre blog ou notre site.

mardi 11 novembre 2008

Comité de lecture

Chez Moisson rouge, le comité de lecture s'appelle Hector Paoli (hpaoli@gmail.com) et Judith Vernant (jvernant@moisson-rouge.fr). Il est donc peu nombreux et très occupé, notamment par la production d'un livre par mois et le bordel administratif afférent. Nous vous proposons donc de lui envoyer des textes, au comité, mais ciblés, qui correspondent à la ligne éditoriale de la maison (du noir hétérodoxe, du noir en tout cas), et de prendre contact avec lui par mèle (v. plus haut) ou par téléphone (01 44 08 68 02). Et puis soyez indulgents si vous voyez que la réponse tarde à venir, encore une fois nous ne sommes que deux. Pour le moment.