lundi 18 octobre 2010

« LES MÉMOIRES DU POISSON ROUGE »

Les éditions Moisson rouge lancent une chronique littéraire bi-mensuelle confiée à l'excellent M. Ditroy qui nous fera part , chaque deux semaine, sur ce blog, d'une lecture marquante (ou pas), d'un roman récent (ou pas). Toutes les protestations et/ou insultes sont  à transmettre directement à notre bureau de réclamation à Moscou.


« LES MÉMOIRES DU POISSON ROUGE »

Chroniques d'un liseur

Quand Hector Paoli et Guillaume Vittu m'ont proposé de tenir une chronique pour le site de Moisson Rouge, j'ai tout de suite répondu avec enthousiasme par l'affirmative. Puis j'ai longuement réfléchi, et je suis parti me ressourcer sur le yacht d'un ami milliardaire où j'ai pris le temps de m'investir de la fonction.

Ce que je souhaite avant tout, c'est vous faire part de mon expérience de “liseur”, vous raconter les joies et les peines d'un amateur de bouquins. Aussi vais-je tenter, à travers mes souvenirs de liseur, de vous parler de ma “bibliothèque idéale”, bien modeste au demeurant, et tenter de vous faire part de mon enthousiasme et de mes coups de cœur pour des livres, récents ou pas, de chez Moisson Rouge ou pas.

Je ne suis pas du métier : ni lecteur pour le compte d'une maison d'édition, ni journaliste, ni écrivain. Juste quelqu'un qui achète ses livres et qui les lit. Ce qui compte ici, c'est avant tout le plaisir de lire. Mon but n'est pas de me transformer en critique, on en trouve bien assez comme ça, d'autant que dans les  critiques, il y a essentiellement des cris et des tics, qui sont assurément des choses détestables. 


EPISODE 1 

Les éditeurs de chez Moisson Rouge m'ayant fait l'honneur de m'offrir une rubrique en me laissant l'entière liberté du choix de mes sujets, je vais donc commencer par vous parler d'un bouquin ou plutôt deux, qui n'ont pas été publiés par leurs soins, puisque cette jeune maison n'existait pas encore au moment de leur parution :

« Porno » d'Irvine Welsh :

Comme tout lecteur dilettante, je suis plutôt paresseux.
 Par conséquent, ce qui m'attire dans un bouquin, c'est la facilité d'accès à l'histoire, être tout de suite dans le bain (d'ailleurs, je lis souvent dans mon bain). Il m'est pénible, comme à bon nombre d'entre vous j'en suis sûr, de devoir me farcir cinquante pages fastidieuses avant de savoir de quoi il retourne...
 Quand je suis tombé sur « Porno », sympathique pavé dont le titre m'a tout de suite plu (allez savoir pourquoi), j'ai eu le plaisir de découvrir qu'il s'agissait de la suite de « Trainspotting », fameux pour le film qui en a été tiré par Danny Boyle en 96, et qui a par ailleurs révélé au monde l'immense talent d'Ewan Mc Gregor et de Robert Carlyle.
 Petit dépoussiérage : « Trainspotting » raconte les aventures tragi-comiques d'une bande de toxicos écossais, dans les quartiers les moins touristiques de l'Edimbourg des années quatre-vingt. Vous le trouverez en dévédé chez tous les soldeurs du monde, et rien que pour la B.O, c'est un petit chef d'œuvre. (Quant au livre, essayez les bouquinistes en ligne...)
 Dans « Porno », c'est dix ans plus tard qu'on retrouve Mark Renton, heureux associé d'une boîte de nuit super branchée d'Amsterdam, le nez toujours plein, et maqué avec une somptueuse créature...  Comme il a des trucs à régler, il décide de retourner faire un tour sur ses anciens lieux de villégiature, au bout de ce qu'il pense être un délai raisonnable de prescription.
 Sick Boy, le dandy spécialiste de James Bond, vient tout juste d'hériter d'un pub pourri, véritable palais de la seringue fréquenté par tous les zonards et surveillé de très près par les flics. En homme d'affaires avisé, il décide d'installer un plateau de tournage de films pornos au premier étage. Toujours aussi peu encombré de scrupules, il recrute sa copine, une étudiante gâtée et revenue de tout, pour y jouer la vedette principale, entourée d'une bande de bras (...) cassés.
 De son côté, Spud, le plus camé de tous, authentique junkie incapable de se débarrasser de ses démons et encore moins de parer à ses faiblesses, essaie pour cause de paternité, de transformer sa vie en quelque chose de pas trop proche du désastre... C'est le moment idéal que choisit l'administration pénitentiaire écossaise pour libérer un Begbie définitivement transformé en psychopathe.
 Je vous laisserai découvrir comment tout ce joli monde se rencontrera à nouveau et les suites explosives de leurs retrouvailles, en tout cas, pour ma part, j'ai passé un vrai moment de bonheur à lire ce roman.
 Ironique à souhait, aussi drôle qu'on pouvait l'espérer et pourtant profond, « Porno » n'a pourtant pas rencontré le succès, et le deuxième volet de l'histoire de ces pieds-nickelés reste malheureusement ignorée de la plupart de ceux qui ont vu le film.
 Peut-être parce qu'il n'a jamais été adapté au cinoche, et sûrement parce que tous ou presque (et moi le premier) ignoraient qu'au départ « Trainspotting » était un roman d'Irvine Welsh...
 Du coup, je vais aller le relire.

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